En tant que fumeur vous pensez que vous fumez pour le plaisir, pour vous détendre ou pour vous donner du courage.
Ce n’est, comme je le répète, qu’une illusion. La véritable raison est que vous devez soulager cet état de manque.
Au début, la cigarette vous sert d’artifice social. Votre subconscient commence à apprendre que, dans certaines occasions particulières, la cigarette peut être agréable.
Au fur et à mesure que vous tombez sous l’influence de la drogue, le besoin de soulager ce manque augmente ; plus la cigarette vous rabaisse, et plus vous tendez à croire qu’elle fait le contraire.
Ce mécanisme est si lent et si graduel que vous ne vous apercevez pas de son évolution. Vous vous sentez chaque jour exactement comme le jour précédent. Beaucoup ne se rendent compte de leur dépendance que le jour où ils essaient d’arrêter. Et même là, certains refusent toujours de l’admettre. Certains fumeurs s’y refusent même toute leur vie, essayant de se convaincre et de convaincre les autres que la cigarette est un plaisir.

1ère illusion : Fumer vous détend !
Le monde est stressant, et chez le fumeur le moindre stress est propice pour fumer. Il y a généralement quelque chose qui ne va pas, quelque mauvaise nouvelle ou situation que vous redoutez. Alors, à ce moment précis, vous allumerez une cigarette si vous n’en avez pas déjà une à la bouche. Vous vous dites que cette cigarette va vous aider, sans vraiment savoir en quoi. Souvent, vous n’avez même pas conscience de l’allumer.
Voici ce qui se passe, en réalité. Sans en être conscient, vous souffrez déjà d’un stress, celui dû au manque de nicotine. Ce stress a beau être pratiquement imperceptible, vous êtes dans un état d’insatisfaction et de nervosité. Un évènement stressant ajoute alors un stress supplémentaire, augmentant ainsi votre stress.
Le fait d’allumer la cigarette élimine le stress inhérent au manque de nicotine et, par conséquent, vous vous sentez mieux. Ce sentiment d’amélioration n’est pas une illusion. Il existe réellement : les symptômes de manque ont cessé et vous vous sentez effectivement soulagé. Le passage d’un état de fort stress à un état de stress moindre est bien réel ; il est incontestablement attribuable à la cigarette.
Le problème est que la cigarette n’a fait qu’éliminer le stress dû au manque de nicotine en vous redonnant un air d’assurance. Sa force est telle que vous croyez qu’elle diminue aussi le stress dû à tout autre évènement stressant, et c’est là que l’illusion s’installe.
Même lorsque vous fumez, vous restez plus stressé que si vous n’aviez jamais fumé ; plus vous avez de temps dans la drogue, plus elle vous écrase et plus elle vous éloigne de l’état de plénitude du non-fumeur. Et même si chaque cigarette allume des sentiments de soulagement en vous, il apparaît bénéfique, mais ne suffit plus à vous soulager complètement.
2ème illusion : La cigarette vous occupe l’esprit !
Une autre idée reçue est que la cigarette soulage de l’ennui. L’ennui est une disposition de l’esprit. Lorsque vous fumez, il est très rare que vous vous répétiez sans cesse « je fume, je fume une cigarette » ; je dis que c’est rare, car il est vrai que cela est quelquefois le cas, notamment après une longue période d’abstinence, quand vous voulez réduire votre consommation ou, bien sûr, lorsque vous fumez vos premières cigarettes après avoir, sans succès, essayé d’arrêter.
Voici pourquoi je crois que l’ennui est un terrain favorable à la cigarette : lorsque vous êtes sous l’emprise de la nicotine et que vous n’êtes pas en train de fumer, quelque chose vous manque. Si vous pratiquez une activité qui vous occupe l’esprit, vous pouvez passer de longues périodes sans être gêné par le manque de drogue.
Par contre, lorsque vous vous ennuyez, plus rien ne détourne votre attention du petit monstre ; en conséquence, vous lui donnez ce qu’il demande, une cigarette. En temps normal, c’est-à-dire lorsque vous n’essayez ni de réduire votre consommation ni d’arrêter, le fait même d’allumer une cigarette devient inconscient.
En vérité, la cigarette tendrait plutôt à augmenter l’ennui, parce qu’elle abrutit et rend léthargique. Au lieu d’entreprendre des activités énergiques, les fumeurs préfèrent dormir, s’ennuyer ou, paradoxe, s’occuper à satisfaire leur besoin de nicotine.

3ème illusion : La cigarette améliore votre concentration !
Les cigarettes n’augmentent pas votre pouvoir de concentration ; il s’agit ici encore d’une idée fausse. Comme les autres, cette illusion repose sur des faits qui témoignent du paradoxe des mécanismes liés au tabagisme.
Lorsque vous cherchez à vous concentrer, vous essayez d’éliminer tout ce qui pourrait perturber votre concentration. Vous êtes ainsi amené à vous isoler, à éviter par exemple le bruit, la chaleur ou le froid. Confronté à cette situation, vous souffrez déjà : le petit monstre veut sa dose.
Si vous voulez vous concentrer, sans vous poser de question, vous allumez une cigarette — machinalement. Dès les premières bouffées, votre besoin de nicotine étant pratiquement satisfait, vous vous concentrez et avez déjà oublié que vous êtes en train de fumer.
En réalité, la cigarette constitue un obstacle à la concentration car vient un moment où le manque de nicotine n’est jamais totalement satisfait, même lorsque vous fumez. Vous êtes alors amené à augmenter progressivement votre consommation, ce qui ne fera, à terme, qu’aggraver le problème.
Votre capacité de concentration se trouve affectée également pour une autre raison. Le processus d’obstruction des artères que provoque le tabagisme et les divers poisons qui en résultent dans votre corps contribuent à diminuer l’afflux d’oxygène à votre cerveau (et aux autres organes par la même occasion). Votre pouvoir de concentration et votre respiration seront grandement améliorés lorsque vous aurez mis fin à cette torture inutile.
Cette perte de concentration dont vous souffrez lorsque vous arrêtez de fumer n’est pas imputable au manque physique de nicotine, mais à la conviction que la cigarette vous est indispensable. Il vous arrive, comme d’ailleurs à tout un chacun, de buter sur un mot, une date ou un visage. Que faites-vous lorsque cela vous arrive ? À moins que vous n’en ayez déjà une à la bouche, vous allumez une cigarette.
C’est pratiquement systématique. Et ensuite ? Comme la cigarette ne règle en aucune façon le problème, vous faites ce qu’aurait tout de suite fait le non-fumeur : vous pensez à autre chose en attendant que cela vous revienne.
Vous ne rejetez jamais la faute sur la cigarette. Si vous toussez souvent, c’est parce que vous attrapez régulièrement froid. Lorsque vous arrêtez de fumer, vous attribuez vos malheurs au fait que vous avez arrêté la cigarette. Dès qu’un ennui survient, au lieu de vous en accommoder comme le ferait un non-fumeur, vous vous dites que cela irait mieux avec une cigarette. Alors, vous remettez tout en question et finissez par vous remettre à fumer.
Si vous pensez que fumer vous aide à vous concentrer, vous ne pourrez pas vous concentrer sans cigarette. Tout repose sur ce doute, et non sur le manque physique de nicotine.
4ème illusion : Ce n’est qu’une cigarette, elle ne va pas vous tuer !
C’est le domaine sur lequel le lavage de cerveau agit le plus. Contrairement à ce que vous pensez, vous n’êtes pas conscient des risques que vous encourrez.
Vous avancez la tête dans le sable, en espérant qu’un beau jour vous vous réveillerez et que votre envie de fumer aura disparu. Vous ne pouvez pas vous permettre de penser aux risques encourus pour votre santé. Sinon, même le plaisir que vous prenez à fumer une cigarette (qui n’est, nous le savons, qu’une illusion) disparaîtrait aussi. Vous préférez éviter le sujet en pensant que le danger ne concerne que les autres.
Un autre mythe répandu concerne votre toux. Beaucoup de jeunes fumeurs qui viennent me voir ne sont pas inquiets pour leur santé, parce qu’ils ne toussent pas. En vérité, vous devriez plutôt vous en inquiéter. La toux est une arme de dernier recours dont la nature nous a dotés afin de nous débarrasser des corps étrangers présents dans nos poumons. La toux en elle-même n’est pas une maladie, mais seulement un symptôme. Votre toux témoigne que vos poumons essaient de rejeter les goudrons et poisons cancérigènes contenus dans la fumée. Si vous ne toussez pas, ces poisons restent dans les poumons, et ils peuvent alors s’attaquer à votre organisme.
Pour quelques instants, sortez la tête du sable et posez-vous la question suivante : si vous étiez certain que la prochaine cigarette serait celle qui déclencherait la maladie (cancer…), seriez-vous assez fou pour la fumer ?
J’ai souvent l’occasion de rencontrer des personnes dans cette situation. Elles ne pensaient pas, comme les autres d’ailleurs, que cela allait leur arriver. Le pire n’est même plus la maladie elle-même, mais le fait de savoir qu’on l’a cultivée soi-même pendant si longtemps, en fumant ces satanées cigarettes.
Pendant toute votre vie de fumeur, vous vous dites : « J’arrête bientôt. » Essayez d’imaginer ce que ressentent ceux qui, eux, sont arrivés à la dose fatale. Pour eux, le lavage de cerveau est terminé. Ils comprennent enfin ce qu’était vraiment cette habitude et ont quelques longs mois pour y penser.
Pour eux, c’est terminé. Mais vous, vous avez encore une chance.
Le tabagisme est une réaction en chaîne. Chaque cigarette appelle la suivante, et ainsi de suite. C’est ce qui vous arrive, à vous aussi. Un nombre impressionnant de statistiques ont été réalisées sur les dégâts que la cigarette peut causer à la santé. Votre entourage, jusqu’à ce que vous décidiez d’arrêter, ne veut rien savoir. Même cet avertissement inscrit sur les paquets de cigarettes se perd après un certain temps. Vous n’en tenez pas compte et, si vous le lisez, vous allumez aussitôt une cigarette.
Vous considérez le danger que représente la cigarette pour la santé comme une roulette russe, ou comme le fait de traverser un champ de mines. C’est faux. C’est un phénomène progressif qui a déjà commencé. À chaque bouffée de cigarette, des goudrons cancérigènes s’introduisent dans vos poumons : c’est un petit pas de plus vers le cancer, la pire maladie qu’offre la cigarette.
La cigarette est le tueur numéro un de la société occidentale.
L’effet du lavage de cerveau est tel que vous tendez à penser comme celui qui tombe d’un immeuble de 100 étages, en se disant à chaque étage : « Jusqu’ici, ça va ! » Vous pensez, parce que vous vous en êtes bien sorti jusqu’à présent, que la prochaine cigarette n’y changera rien. Ne vous y trompez pas, il en va de même pour vous, avec la différence que vous ne pouvez pas savoir, lors de votre chute, à quelle distance est le sol.
Le problème est que vous ne savez pas combien de temps cela va durer. Chaque cigarette allumée est un pas de plus vers l’explosion.
Comment pouvez-vous être sûr que cette cigarette n’est pas la bonne ?

5ème illusion : Fumer vous redonne de l’énergie !
Si beaucoup sont conscients des effets nocifs du tabac sur leurs poumons, peu de fumeurs le sont de l’état de léthargie générale qu’il provoque.
Outre l’encrassement des poumons du fumeur, les substances contenues dans la fumée, comme par exemple la nicotine ou le monoxyde de carbone, empoisonnent progressivement nos vaisseaux sanguins.
Nos poumons permettent à l’oxygène que nous inhalons d’être acheminé par les artères vers l’ensemble de notre corps. En réduisant l’apport en oxygène, vous étouffez progressivement vos muscles et vos organes et vous contribuez ainsi à diminuer vos performances ; votre organisme devient par conséquent plus léthargique et ses capacités immunitaires sont fragilisées.
Tous ces mécanismes sont, bien entendu, lents et progressifs, si bien que vous ne vous apercevez de rien. Vous vous sentez chaque jour comme le jour précédent. Le manque d’énergie et le désintéressement pour votre propre corps entraînent généralement d’autres abus. Vous avez tendance à éviter toute activité sportive, à vous isoler et à focaliser votre intérêt sur la nourriture et la boisson.

6ème illusion : fumer vous donne confiance en vous !
C’est le pire mensonge qui court à propos de la cigarette. Lorsque vous arrêtez de fumer, la disparition du sentiment permanent d’insécurité dont vous souffrez est, à mon avis, aussi importante que la fin de l’esclavage de la cigarette.
Vous avez du mal à admettre que la cigarette est responsable du sentiment d’insécurité qui vous envahit lorsque vous n’avez plus de cigarettes et que le bureau de tabac va fermer. Les non-fumeurs ne connaissent pas cela ; c’est le tabac qui en est le seul responsable.
L’idée que « fumer me donne confiance en moi » est une idée reçue, car la confiance apparente que procure la cigarette n’est en réalité qu’une illusion temporaire due à l’effet apaisant de la nicotine. Cette sensation de soulagement est en fait une réponse à l’anxiété créée par le manque de nicotine lui-même, pas un véritable renforcement de la confiance.
La cigarette répond à un besoin que la dépendance a créé : dès que le niveau de nicotine baisse, une sensation de manque s’installe, provoquant un certain stress. Fumer apporte un soulagement temporaire à ce stress, ce qui donne l’illusion de retrouver une forme de calme ou de confiance. Mais cette « confiance » disparaît rapidement une fois que la nicotine s’évacue, laissant place au besoin d’une autre cigarette pour combler à nouveau ce manque.

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